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Voitures autonomes: un avenir comme livreurs plutôt que taxis?

Alors qu'on les présente souvent comme des futurs robotaxis, les voitures autonomes verraient plutôt leur avenir se dessiner dans la livraison de repas ou de colis.

Promise à un avenir glorieux, la voiture autonome tarde à se concrétiser sur nos routes. La faute à une législation qui évolue lentement et des usages qui peinent encore à convaincre. Ce qui n'empêche pas de nombreuses entreprises de continuer à miser sur la voiture sans conducteur pour développer leur technologie.

C'est le cas en particulier de Cruise, filiale de General Motors, qui depuis début juin peut proposer des trajets payants dans la ville de San Francisco avec une flotte de 30 véhicules, une première. Mais rapidement après leur mise en service, six véhicules du service de robotaxis ont connu un dysfonctionnement en s'arrêtant en plein milieu d'une rue. Ce sont des techniciens de l'entreprise qui ont dû déplacer les voitures... plus si autonomes.

Un bug qui reste anecdotique étant donné qu'il n'y avait pas de passagers à bord et que les voitures de Cruise ont repris une activité normale depuis, mais qui reflète les difficultés à mettre en place un service opérationnel dans un environnement urbain complexe.

D'autres acteurs testent d'ailleurs leurs véhicules autonomes pour des usages similaires de transports de passagers à San Francisco ou dans d'autres villes des Etats-Unis, comme Waymo (filiale de Google) depuis 2018, ou Zoox (qui appartient à Amazon).

Un avenir plutôt dans la livraison?

Les principaux acteurs seraient finalement en train de se recentrer sur un autre usage: la livraison de repas, de colis et de marchandises, comme le note un article des Echos.

Waymo vient ainsi de conclure un partenariat avec Uber Freight, la division du géant des VTC dédiée au fret lancée en 2017. Avec l'ambition de proposer à terme des poids lourds autonomes pour le transport de marchandises sur de longues distances.

Le quotidien économique cite également une start-up américaine, Argo AI, soutenue par Ford et Walmart, et qui a démarré son activité à Miami et Austin, avec un modèle économique qui serait plus simple à déployer pour générer de la rentabilité.

"Nous sommes de plus en plus intéressés par la livraison de biens, ce qui marque en quelque sorte un changement stratégique", avait ainsi déclaré Jim Farley, le patron de Ford, à des analystes en avril dernier.

Avec Wallmart, Argo AI va bientôt tester la livraison de courses transportés dans des voitures autonomes. Mais la start-up reste encore fragile et vient de licencier 150 employés, soit 6% de ses effectifs.

Plutôt que des voitures autonomes, l'avenir ne serait-il pas finalement plutôt ouvert à des modules multifonctions? Comme le concept présenté par Toyota en 2018, capable à la fois de transporter des passagers, mais aussi de livrer des pizzas ou encore de déplacer une sorte de boutique ambulante. Un véhicule qui pourrait être plus adapté et polyvalent pour les grands centres urbains, tandis que les poids lourds autonomes assureraient de leurs côtés les trajets longue distance.

https://twitter.com/Ju_BonnetJulien BonnetJournaliste BFM Auto